Première fresque murale.. la magie de l’improvisation

Le 15 août dernier, après un long temps d’hésitation, j’ai fait le grand saut en posant mon premier coup de pinceau sur ce grand mur bleu dans l’appartement de mon compagnon à Paris. Cela fait 1 an que j’ai rencontré Arnaud et que mes visites parisiennes m’inspirent et m’apportent un temps et un espace propice à la création. Le projet initial pour ce mur était de peindre plutôt du végétal. La veille de la réalisation, j’ai eu envie de réaliser une peinture intuitive comme j’en fais sur journal. J’ai acheté des tubes de 75ml de Amsterdam Expert très couvrantes dans des couleurs variées qui me semblaient harmonieuses avec la pièce. Le plus dur aura été le premier coup de pinceau, car tout s’est enchaîné ensuite avec beaucoup de simplicité. Je prenais du recul visuellement et cherchait à sentir quelle couleur et quel geste équilibrerait l’ambiance de la pièce. De plus longues pauses ont permis de revenir avec un oeil neuf et éviter de se perdre dans le détail. L’ingrédient essentiel de cette fresque a été la confiance totale en mon plaisir. Chaque trait est posé par plaisir, dans un jeu visuel où une couleur est placée ici et comme ça parce que c’est agréable. Parce que la sensation est juste. C’est amusant comme le vocabulaire le plus adapté pour décrire mon processus de peinture est celui des sensations physiques. Les couleurs sont douces ou piquantes. Le rose est là pour apporter du velours, et les lignes amènent une délicatesse chatouillante un peu électrique. Le plaisir de peindre ici est sensuel beaucoup plus qu’intellectuel et plus je fais confiance en mes sensations, plus l’oeuvre s’enrichit harmonieusement. Un autre ingrédient très important à été la musique, parce que danser aide à lâcher prise intellectuellement et à rester dans le plaisir et la confiance. Le plus surprenant a été de s’apercevoir de l’harmonie du résultat et de la délicatesse générale de la fresque, bien que très osée pour un intérieur. Elle habille, approfondit et fait danser l’espace sans l’écraser ni le dominer, ce qui pouvait m’inquiéter au départ. L’attention constante à l’équilibre général de la pièce pendant la création à été vraiment crucial pour ça. J’ai fini la journée bien fatiguée et heureuse de découvrir encore une fois comme le plaisir, l’absence de peur, l’oubli du conforme, et le jeu libre avec les couleurs amène toute création artistique vers un épanouissement magique. Comme la beauté fragile, sur le fil, de l’improvisation pleine de justesse d’un danseur connecté à son plaisir et sa vulnérabilité. Ou comme le jeu avec les couleurs d’un enfant qui rempli librement sa feuille comme un mandala.